Divertir, Découvrir, Enrichir
WebOuest Le 150e anniversaire de Fort Walsh : réalisme et retrouvailles

Le 150e anniversaire de Fort Walsh : réalisme et retrouvailles

Par Dominique Liboiron | 16 août 2025

Le 150e anniversaire de Fort Walsh était un des moments forts de mon été. Oui, j’ai pris des photos de l’évènement, mais je ne suis pas allé en tant que photographe. Je suis allé comme ancien employé et j’avais hâte de revoir mes amis; le 150e étant juste le prétexte. Mais tant qu’à être là, autant en profiter pour prendre des photos.

J’ai travaillé à Fort Walsh pendant quatre ans. Il y avait de multiples raisons pour aimer le travail. D’abord, mon rôle comme guide touristique m’a permis d’en apprendre plus au sujet du passé, un atout pour un amateur d’histoire comme moi. Fort Walsh est l’ancien quartier général de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ensuite, le paysage de collines et d’arbres situé dans l’extrême sud-ouest de la Saskatchewan compte parmi les plus beaux de la province. En plus de la beauté des lieux et du côté historique, j’ai travaillé avec un excellent groupe de coéquipiers et nous avons forgé des amitiés qui durent depuis maintenant 20 ans. 

C’était surtout dans le but de visiter les lieux à nouveau avec eux que je me suis rendu au fort le 26 juillet. 

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Les collines des Cyprès forment une région unique en Saskatchewan. Les paysages ressemblent beaucoup à certains endroits en Alberta et en Colombie-Britannique.

Les célébrations du 150e étaient marquées par des démonstrations de défilé militaire d’employés de Fort Walsh. Ils étaient accompagnés de bénévoles ainsi que d’anciens employés. Lors de sa création en 1873, la GRC se nommait la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O). Ce corps policier s’occupait juste de l’Ouest. Notre région faisait partie des Territoires du Nord-Ouest, car la Saskatchewan et l’Alberta n’existaient pas. 

De nos jours, Fort Walsh est un lieu historique géré par Parcs Canada. Les guides interprètent une période d’histoire qui date de 1873 à 1883. Il y a beaucoup d’emphase sur le réalisme afin de créer un portrait authentique du passé par l’entremise des bâtisses, des costumes, des armes et même du défilé militaire.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Les interprètes à Fort Walsh portent les uniformes de la PCN-O. Ici, ils se préparent pour une démonstration de défilé militaire qui inclut le tir des carabines historiques. À ses origines, la PCN-O se servait de la carabine Snider-Enfield .577, que nous voyons à gauche dans l’image. Ces démonstrations servent à valoriser l’héritage du Canada et à le partager.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Leur carabine à l’épaule, les interprètes historiques marchent vers la foule rassemblée devant le fort pour le 150e.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

L’uniforme des sergents de la PCN-O, à gauche, était plus orné aux épaules et au collet en comparaison à l’uniforme d’un constable, à droite.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Ici, nous pouvons comparer l’uniforme de la PCN-O en avant-plan aux uniformes de la GRC d’aujourd’hui. Une classe de cadets de la GRC a participé aux célébrations du 150e.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Quand nous pensons à la Police montée, une tunique rouge nous vient à l’idée. Oui, les membres de la PCN-O portaient des tuniques rouges, mais pour effectuer des tâches quotidiennes, comme soigner leurs chevaux, ils portaient des tuniques brunes comme celle-ci. Comme la tunique rouge, le casque colonial démontre l’influence britannique sur la PCN-O. Le Stetson brun, symbole de la GRC, fera partie de l’uniforme officiel à partir de 1904.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

À l’époque jadis, le tir de carabines se faisait en rangée. Le sergent, debout en arrière, donnait l’ordre pour tirer.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Lorsque les membres de la PCN-O sont venus dans l’Ouest canadien, ils étaient équipés d’artillerie y compris cette pièce-ci. L’équipe peut tirer un obus d’environ 9 livres jusqu’à 2700 mètres. Sa détonation est suffisante pour casser des fenêtres.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Le coup de canon marque la fin de la démonstration. Il est temps de retourner dans le fort.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Comme je disais, Fort Walsh interprète une période d’histoire de 1873 à 1883. Il y a eu une transformation massive durant ces années-là. Donc, Fort Walsh est un lieu important, car ce site révèle beaucoup d’informations non seulement au sujet du passé, mais nous aide à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Durant cette période de juste dix ans, il y a eu la fin de l’époque de la traite des fourrures et le début du peuplement agricole de l’Ouest. Autrement dit, la région est passée d’une économie de bison à celle de bétail et de blé. Ce sont les policiers de la PCN-O qui ont assisté à la mise sur pied des réserves autochtones et ont mis en pratique un système légal favorable à la colonisation. En somme, il y a eu un virement d’autorité. L’Ouest est passé d’une région habitée par les Autochtones à une région sous le contrôle de Britanniques et de Canadiens.

En plus de la démonstration de la PCN-O, une classe de cadets de la GRC a présenté leur défilé moderne. Les cadets sont venus de Dépôt, la division d’entraînement de la Police montée qui se situe à Regina. Ils ont passé la journée à Fort Walsh et ont eu une visite guidée des locaux.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Les cadets ont marché en défilé sous les commandements de leur sergent que nous voyons à la tête.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Une classe à Dépôt est formée de 32 cadets qui suivent une formation de 26 semaines. En plus des notions du défilé, ils apprennent les sciences policières, la conduite, le tir et la défense.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Le Canada se distingue par l’importance symbolique qu’il accorde à sa police nationale, la GRC.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Les hommes qui se sont joints à la PCN-O étaient motivés par plusieurs raisons. Certains avaient la soif d’aventure alors que d’autres se voyaient guidés par un sentiment de devoir à leur pays ou à la reine Victoria. Encore d’autres cherchaient à établir une ferme ou un ranch dans l’Ouest et leurs longues patrouilles à cheval étaient des occasions pour repérer le meilleur terrain. De nos jours, les recrues se disent attirées vers une carrière comme policier souvent en raison d’un sentiment de vouloir aider leur communauté. L’intensité du travail et de la fraternité avec les autres policiers attirent d’autres recrues.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Ces anciens employés de Fort Walsh se sont portés bénévoles pour le 150e de Fort Walsh. La célébration était en même temps une occasion pour de belles retrouvailles. Nous voyons différents styles d’uniformes de la PCN-O. À l’époque, certains officiers de la police vivaient au fort avec leur épouse, ce qui explique la femme habillée en robe.

WebOuest
crédit photo : Dominique Liboiron

Bien qu’ils tiennent Fort Walsh à cœur, plusieurs anciens employés ont dit qu’ils sont surtout venus au 150e pour passer du temps avec leurs amis.

Au cours de mes quatre ans à Fort Walsh, j’ai bien aimé en apprendre plus au sujet de mon histoire et de mon héritage en tant que Canadien. Cela étant dit, les randonnées et le camping dans les collines de Cyprès étaient des éléments du travail forts appréciés. Encore plus, les amitiés que nous avons forgées restent le meilleur aspect de Fort Walsh. Le 150e m’a donné la chance de voir mes amis du travail et je n’avais pas vu certains d’entre eux depuis une dizaine d’années. J’étais content de voir que les liens d’amitié étaient toujours bien tissés.

Je vous invite à partager vos photos avec nous. Prière de les envoyer à dliboiron4@hotmail.com et d’y inclure une courte description. 

La francophonie du Nord et de l’Ouest habite sur des territoires visés par de multiples traités avec les peuples autochtones ainsi que des territoires non cédés. Ces peuples ont accueilli les premiers francophones et les ont aidés à survivre et prospérer. C'est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l'avenir que nous reconnaissons la relation continue entre les peuples autochtones et les autres membres de la communauté francophone. Au-delà de cette reconnaissance, WebOuest s’engage à mettre en lumière des histoires des peuples autochtones qui habitent toujours ces terres.