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Photo de Thirdman de Pexel
Les Rocheuses

Journée internationale d’action pour la santé des femmes

Par Nathalie Lopez | 1 juin 2022
Le 28 mai était la Journée internationale d’action pour la santé des femmes. Créée au Costa Rica lors de la cinquième Rencontre internationale sur la santé des femmes en 1987, cette journée offre une opportunité de réfléchir aux facteurs sociaux, économiques, politiques et culturels qui contribuent à créer des iniquités d’accès à des services de santé de qualité pour les femmes et qui malheureusement persistent encore de nos jours. C’est aussi une opportunité de sensibiliser la population en général au fait que les femmes sont touchées par des pathologies spécifiques et qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire tant dans la recherche que dans l'accompagnement médical des patientes et la prise de parole féminine.

Qu’il s’agisse de la santé reproductive, tels que les cas de traumatismes de l’accouchement, le manque de connaissance des fausses-couches ou la ménopause, ou encore dans la sphère de la santé mentale ou de la santé cardiaque; trop souvent les femmes sont mal comprises et mal desservies par le système médical.

Exemple un: l’endométriose

Prenons par exemple l’endométriose, une maladie gynécologique fréquente qui concerne une femme sur dix*: elle a été incluse dans le 2e cycle des études de médecine en France qu’en 2020! Il n’est donc pas très surprenant de savoir que cette pathologie est chroniquement sous- diagnostiquée en France, comme ailleurs dans le monde et met en moyenne de 7 à 10 ans à être diagnostiquée et traitée. On parle de 190 millions de femmes dans le monde affectées par ce problème qui engendre de nombreux impacts négatifs sur la qualité de vie des patientes qui doivent en plus se battre contre un système de santé qui souvent invalide leurs symptômes et leurs expériences. Heureusement que les choses changent petit à petit et qu’il existe de plus en plus d’initiatives cherchant à démystifier cette maladie et à sensibiliser les jeunes filles dès un jeune âge aux menstruations anormalement douloureuses afin que ces dernières ne soient pas sous-estimées.  Ce sont des pas dans la bonne direction mais encore faut-il une réelle volonté par le milieu médical de continuer à investir dans la recherche liée à cette maladie gynécologique pour améliorer la santé et la qualité de vie des femmes atteintes.

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Karolina Grabowska de Pexel

Exemple deux: l’infarctus du myocarde

Un autre problème de santé qui est sous-diagnostiqué chez les femmes sont les infarctus du myocarde. Or les femmes sont plus vulnérables que les hommes aux maladies cardiovasculaires et 56% en meurent contre 46% des hommes.** La raison pour laquelle les infarctus sont encore sous-diagnostiqués chez les femmes, c’est qu’on le considère encore comme une maladie masculine, donc les symptômes de références sont les symptômes ressentis par les hommes alors que les symptômes se manifestent souvent très différemment par les femmes. En effet, les douleurs dans la poitrine ou dans l’épaule – typiques chez un homme – ne touchent qu’une femme victime d’un infarctus sur deux et l’autre moitié présente des symptômes atypiques tel qu’une fatigue persistante, de l’essoufflement et des palpitations lors d’un effort, des nausées ou des vomissements, ainsi que des douleurs au niveau de l’estomac, du cou, de la mandibule ou dans le haut du dos, entre autres. Souvent ce sont les femmes elles-mêmes qui, ne sachant pas reconnaître les symptômes d’un infarctus, prennent en moyenne 30 minutes de plus que les hommes pour appeler les secours quand elles font un accident cardio-vasculaire. Ceci entraîne des risques importants de séquelles voire même le décès des femmes qui souvent se sentent généralement moins concernées par les maladies cardio-vasculaires. Il va sans dire qu’il reste encore du pain sur la planche en matière de sensibilisation, tant pour les femmes que pour les professionnels de la santé, en ce qui à trait au diagnostic des maladies cardio-vasculaires.

De façon générale, on n’a pas le choix que d’admettre que depuis l’instauration de la Journée internationale d’action pour la santé des femmes, il y a plus de trois décennies, les enjeux de la santé des femmes continuent à être un problème de taille. Cependant il faut demeurer optimistes qu’une journée comme celle-ci permet aussi de mettre en lumière les lacunes encore très présentes, afin de trouver des solutions à long terme. De plus, l’importance de cette journée est aussi de permettre une sensibilisation accrue, afin de contribuer au partage du savoir de façon à ce que les femmes puissent prendre un rôle plus actif et une prise de parole plus assurée quand vient le temps de faire valoir leurs droits en matière d’accès à la santé.

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Les SOURCES

 

 

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