C’est toi, c’est vous, c’est nous !
WebOuest Une affaire de vie et de mort
Dessin de Francine Proulx-Kenzle

Une affaire de vie et de mort

Par Francine Proulx-Kenzle | 14 septembre 2022

…sans porter de jugement

Même si mon degré de proximité est éloigné de la Première Nation James Smith en Saskatchewan, je ressens beaucoup de compassion et d’empathie pour tous ces proches endeuillés à la suite d’une tuerie au couteau qui a laissé 10 personnes mortes et 18 autres blessées début septembre.

Pourquoi soulever cette tragédie ici? Certains diraient que c’est une chose du passé, ou que c’est trop compliqué et délicat, ou que rien ne peut être changer. Je peux comprendre ces réactions. Une telle tragédie vient nous secouer dans notre zone de confort et surtout dans notre semblance d’impuissance. 

Cependant, je crois qu’il faut se parler et s’écouter pour intégrer les événements difficiles de la vie. La pire chose est de refouler ses émotions, de les ignorer. « Écouter et communiquer sans porter jugement » est reconnu comme un geste qui fait toute une différence dans le soutien de notre santé mentale. 

La solidarité d’une communauté

Où se trouve la lueur d’espoir dans le deuil collectif qui frappe la Première Nation James Smith et le village avoisinant de Weldon? On peut se fier aux témoignages des gens de Humboldt et des environs, affectés en 2018 par la tragédie routière qui a coûté la vie à 16 personnes. Plusieurs disent que la solidarité de la communauté s’est montrée un important facteur pour favoriser la guérison dans le deuil.

Le baume au cœur qui apparaît quand les gens se rassemblent pour se soutenir l’un et l’autre est précieux. Le partage de nourriture, le partage d’histoires et d’anecdotes a un effet consolateur pour les personnes en deuil. Ces échanges réconfortent, car elles créent un espace pour écouter et communiquer sans porter jugement. Ces moments sont propices pour se remémorer de la valeur de chaque personne disparue et la trace unique laissée derrière eux.

Il est reconnu que le deuil se vit différemment pour chaque personne. Une peur qui m’a habitée après le suicide de mon fils Jérémy était que les gens autour de moi allaient oublier son existence. Une peur qui s’est montrée non fondée au fil du temps. Parler de la personne décédée est une façon saine de naviguer les étapes du deuil. Il ne faut pas se gêner de parler de la personne qui a quitté, de revivre les bons souvenirs. 

Par mon parcours, je peux témoigner que le chemin vers la guérison et l’acceptation du départ de la personne qu’on aime est parsemé d’un yo-yo d’émotions! Cela comprend le choc, la colère, la tristesse, la peur, la haine, le soulagement, l’isolement, etc. Toutes ces différentes émotions envahissantes sont valides. La pire chose à faire c’est de les ignorer et de les refouler. 

Les experts nous confirment que la clé pour atténuer la douleur du deuil est de reconnaître et exprimer ses émotions. Cela prendra la forme voulue par la personne, elle seule sait ce qui lui fera du bien. Attention de ne pas imposer notre propre idée de soutien. Soyons plutôt bienveillant et appliquons le geste « écouter et communiquer sans porter jugement ».

WebOuest
Dessin de Francine Proulx-Kenzle

Ne restez pas seul dans votre deuil

Avez-vous quelqu’un avec qui parler? Si oui, tant mieux, parler à quelqu’un de confiance peut faire tout le bien au monde!

Si il n’y a personne dans votre entourage à qui parler, n’hésitez pas d’appeler la ligne d’écoute empathique offerte gratuitement aux parlant français de la Saskatchewan: 1-800-576-9699. 

Une autre option est de contacter Jeunesse, J’écoute, un service bilingue pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

C’est donc avec compassion et empathie que j’offre mes plus sincères condoléances aux personnes de la Première Nation James Smith et des environs. Prenez bien soin de vous!

Francine Proulx-Kenzle est formatrice certifiée pour le cours des Premiers soins en santé mentale et consultante certifiée pour former les organisations en sociocratie, spécifiquement dans la Méthode d'organisation en cercle sociocratique. Veuillez contacter Francine pour tous détails dans ces deux domaines par courriel : francine@pensetransformation.ca
La francophonie du Nord et de l’Ouest habite sur des territoires visés par de multiples traités avec les peuples autochtones ainsi que des territoires non cédés. Ces peuples ont accueilli les premiers francophones et les ont aidés à survivre et prospérer. C'est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l'avenir que nous reconnaissons la relation continue entre les peuples autochtones et les autres membres de la communauté francophone. Au-delà de cette reconnaissance, WebOuest s’engage à mettre en lumière des histoires des peuples autochtones qui habitent toujours ces terres.
WebOuest

Nouveau tirage! Du 1er au 30 novembre, inscrivez-vous à notre infolettre et courez la chance de gagner un t-shirt WebOuest! Restez informés des nouveautés!