Le stress, l’anxiété et les difficultés vécues par les parents de jeunes enfants sont un sujet dont on discute de plus en plus ouvertement. Il n’y a pas si longtemps parler des aspects plutôt négatifs de la parentalité était moins accepté socialement. Il semblait difficile de pouvoir se plaindre de la fatigue qu’engendre l’arrivée d’un poupon dans la famille, car la joie devait primer par-dessus tout.
Heureusement, les temps changent et de nombreux.ses expert.e.s en santé mentale abordent le sujet. En dépit du fait qu’il existe de plus en plus de ressources en ce qui a trait au bien-être des parents de jeunes enfants, ce n’est pas toujours un réflexe d’aller chercher de l’aide. De plus, si on est francophone en milieu minoritaire, il n’est pas toujours évident de pouvoir accéder à des ressources en français.
L’organisme Réseau-Femmes Colombie-Britannique vient pallier ce manque en offrant le programme Vivre sa vie pleinement, un cours de bien-être mental gratuit basé sur la TCC (Thérapie cognitivo-comportementale). Ce cours en 8 modules de 12 heures a été créé par le médecin et psychiatre Dr. Chris Williams, professeur à l’Université de Glasgow en Écosse.
Ces sessions s’adressent aux parents et tuteurs d’enfants de 0 à 2 ans à compter de janvier 2026 dans cinq régions : Alberta, Colombie-Britannique, Saskatchewan, Yukon et Territoires du Nord-Ouest.
J’ai eu la chance de m’entretenir avec une des animatrices, Marie Lacrampe, qui a récemment obtenu une certification par l’Association canadienne pour la santé mentale, afin de donner ces ateliers aux parents et tuteurs d’enfants de cet âge.
Pour Marie Lacrampe, animatrice du programme pour Réseau-Femmes C.-B. : « Dépression et anxiété sont des maux auxquels les parents sont plus sensibles. L’anxiété accrue chez les parents peut se manifester par de l’épuisement, de la démotivation et un état de stress chronique. Pour y faire face, il est important de comprendre la spirale de l’anxiété et du stress pour trouver des stratégies alternatives et retrouver le bien-être et le calme. »
Ce genre de programme voit le jour, car les statistiques sont parlantes : selon Statistique Canada « sur les 400 000 accouchements enregistrés chaque année au Canada, environ 80 000 personnes sont touchées par les maladies mentales périnatales ». Il est donc de mise de pouvoir aider les parents, autant les mamans que les papas à faire face aux changements majeurs que la naissance d’un bébé présente dans le quotidien d’une famille.
Marie Lacrampe, m’explique que le but du programme est surtout d’offrir aux parents des outils concrets et pratico-pratiques pour faire face spécifiquement aux défis que ceux.celles-ci rencontrent. L’objectif est de prévenir la dépression post-partum de la maman, mais aussi le stress et les autres anxiétés vécues par les papas. Comme Marie Lacrampe l’explique, « l’arrivée d’un bébé chamboule la vie » de tout le monde et le stress et l’anxiété « font partie du package ».
Un autre objectif des ateliers est de permettre aux parents d’échanger avec d’autres parents sur les défis rencontrés pour se sentir moins seuls et briser l’isolement. Souvent, en situation minoritaire, les parents n’ont plus cet aspect communautaire, car leur famille est souvent ailleurs et les parents sont très isolé.es. Donc, un aspect très important des ateliers est non seulement de pouvoir échanger en français, mais aussi de pouvoir échanger sur les « difficultés reliés à être un parent en milieu minoritaire ».
Cette série d’ateliers se donne pour une deuxième fois par l’organisme après un succès avec la première année et des retours positifs des parents. L’Association canadienne pour la santé mentale recueille des informations par le biais d’un questionnaire afin de pouvoir mesurer spécifiquement les impacts des ateliers. Les données après cette première année, en octobre et en novembre 2025, ont démontré que les parents ressentaient une amélioration de différents aspects de leur santé mentale. Ils ont aussi eu un sentiment de pouvoir s’outiller pour mieux s’organiser au quotidien et à long terme. Pour Marie Lacrampe, les outils sont aussi applicables dans d’autres situations et elle-même les utilise dans la vie de tous les jours.