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Crédit photo : geralt de Pixabay

Un meilleur bien-être mental

Par Francine Proulx-Kenzle | 21 mars 2022
Connaissez-vous une personne qui abuse d’une substance, que ce soit de l’alcool ou de la drogue? Ou une personne qui vit avec une dépression chronique? Qui se trouve marginalisée dans son cercle familial ou dans celui de ses proches? Qui marche sur une corde raide avec un filet de sécurité plein de trous? Comment pouvez-vous lui apporter de l’aide, que faire?

Avant de répondre à cette question, regardons quelques faits.

La relation entre les problèmes de santé mentale et l’usage de substances est complexe. La consommation de substances peut accroître le risque de problèmes de santé mentale et vice versa. Un problème de santé mentale peut accroître la consommation de substances.

En fait, le guide de référence pour les Premiers soins en santé mentale (PSSM) dit que les « personnes ayant un problème de santé mentale ont deux fois plus de chance de développer un problème lié à l’usage des substances que la population générale. »*

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Crédit : Francine Proulx-Kenzle

La stigmatisation

C’est vrai que beaucoup est fait pour réduire la stigmatisation reliée aux problèmes de santé mentale. Les médias sociaux sont très puissants pour diffuser des messages tels que #ParlonsEn #HautEtFort #PartagezEspoir.

Les mots que nous choisissons pour parler de la santé mentale ont un impact sur le niveau de stigmatisation. Rappelons-nous, une personne n’est pas son problème. Utilisons plutôt un langage centré sur la personne et non pas sur le problème. Par exemple, remplacez « consommateur de drogue » par « une personne qui consomme de la drogue ». Évitez les mots comme « drogué, junkie, boozer ».

Ma sœur Martine vit avec un trouble de santé mentale depuis plus de 20 ans. Son diagnostic est « dépression/anxiété chronique ». Le mot clé ici est chronique. Pour bien vivre avec cette maladie, elle choisit d’être suivie par un psychiatre et de prendre des médicaments. Avec ce soutien et aussi l’appui de ses proches, elle peut très bien contribuer à la société, mener une vie soi-disant « normale » si une telle chose existe!

Il n’y a pas de garantie. À certains intervalles, Martine se fait surprendre par une rechute. Souvent cela implique de demander un congé maladie de son travail et un réajustement dans ses médicaments. Sa capacité d’accepter sa réalité et son désir de prendre soin d’elle-même le mieux possible font toute la différence.

Malheureusement, encore aujourd’hui, certaines personnes croient qu’avoir un problème de santé mentale est un signe de faiblesse …ce qui est faux. Les problèmes de santé mentale ne sont pas un choix personnel.

Nous sommes tous vulnérables à vivre des problèmes de santé mentale à des moments donnés. Cette année au Canada, une personne sur cinq éprouvera un problème de santé mentale.

Accès pour tous ?

Martine dirait qu’elle est chanceuse d’avoir les services et l’appui dont elle a besoin. Et elle admet que naviguer dans le système de santé n’est pas toujours facile. Que dire de ces nombreuses personnes encore plus marginalisées?

À un bout de l’échelle se trouve ma sœur, ayant accès à des services de santé. À l’autre bout de l’échelle se trouvent les sans-abris vivant avec des troubles de santé mentale, prisonniers d’une stigmatisation structurelle, faisant face à plein d’obstacles pour recevoir les services nécessaires.

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Crédit photo : Marcelo Moreira

Que faire ?

La clé pour venir en aide à une personne qui vit avec un problème de santé mentale est l’éducation et la sensibilisation. Les cours de PSSM conçus par la Commission de la santé mentale du Canada sont idéaux pour outiller une personne choisissant de devenir ce qu’on appelle un ou une « secouriste ». Si cela n’est pas accessible pour vous, vous trouverez beaucoup d’informations sur le site web Jeunesse J’écoute qui offre des astuces et des infos pertinentes.

À titre de formatrice en premiers soins en santé mentale, je vous encourage d’appliquer les six gestes de PSSM – AÉRIES : 1) Approcher la personne, évaluer la situation et aider en cas de crise 2) Écouter et communiquer sans porter de jugement 3) Rassurer et donner de l’information 4) Inciter la personne à demander une aide professionnelle appropriée 5) Encourager d’autres soutiens et 6) Se préserver pour le secouriste.

 * Commission de la santé mentale du Canada

Francine Proulx-Kenzle est formatrice certifiée pour le cours des Premiers soins en santé mentale et consultante certifiée pour former les organisations en sociocratie, spécifiquement dans la Méthode d'organisation en cercle sociocratique. Veuillez contacter Francine pour tous détails dans ces deux domaines par courriel : francine@pensetransformation.ca
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