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WebOuest Tourbières et marais, de petits bijoux au Manitoba
Les quenouilles, roseaux et cyprès plongent leurs racines dans l’eau et dressent leurs feuilles pour aspirer le CO₂. crédit photo : Caneva, Magic Media

Tourbières et marais, de petits bijoux au Manitoba

Par Zoé Le Gallic | 27 septembre 2025

Dans une série de trois blogues, j’ai consulté des experts pour comprendre de quelle façon le réchauffement climatique au Canada affecte les Prairies, l’Ouest et le Nord. Chacune de ces régions comporte ses défis, dictés par une géographie unique.

Aujourd’hui, je vous propose un suivi de cette série, pour souligner les atouts et les solutions de chaque région. Place au positivisme, allez hop! 

Mon article en septembre 2024, le réchauffement climatique plus rapide dans les Prairies notait, pour le Manitoba, une accélération plus marquée du réchauffement climatique en raison d’une absence de zones côtières.

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crédit photo : photo soumise par Pete Whittington, professeur du département de géographie et d’environnement à l’Université de Brandon

La bonne nouvelle, m’apprend Pete Whittington, professeur du département de géographie et d’environnement à l’Université de Brandon, c’est que « le Manitoba est la province qui compte le plus de zones humides au Canada, en termes de pourcentage de superficie ». 

« Les tourbières sur la Terre emmagasinent deux fois plus de CO₂ que toutes les forêts au monde », offre Pete Whittington, à titre d’exemple. 

Environ 90 % des zones humides au Manitoba sont des tourbières. À mon avis, les tourbières sont des alliés précieux, quand on considère que le CO₂ contribue au réchauffement de la Terre et engendre, entre autres, des climats extrêmes. 

Explications: Les marais ont un pouvoir d’absorption de CO₂ similaire grâce à leurs plantes aquatiques. 

Jacques Bourgeois, interprète et responsable du marketing et des communications au Centre d’interprétation du marais Oak Hammock affirme que le marais, situé à 40 km au nord de Winnipeg, se porte à merveille! Il a remarqué une augmentation des plantes dans les marais durant l’été 2025. 

Il précise : « On note une augmentation de la couverture végétale. Je pense que c’est en partie dû au fait qu’on a eu tellement de feux de forêts dans le Nord [du Manitoba] qu’il y a beaucoup plus de CO₂ dans l’atmosphère. »

Les quenouilles, roseaux et cyprès plongent leurs racines dans l’eau et dressent leurs feuilles pour aspirer le CO₂. 

N’est-ce pas émouvant de voir la nature tendre la main, cherchant à équilibrer ce que nous avons déséquilibré?

« Les plantes travaillent fort », rappelle Jacques Bourgeois. À cette affirmation, je me demande : si nous, êtres humains, saurons travailler aussi ardemment que ces plantes? Qu’en dites-vous? 

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Comparativement aux marais, les tourbières ont l'avantage d'emmagasiner le carbone sur le très long terme. crédit photo : Caneva, Magic Media

Préserver et restaurer nos atouts 

Les propos de Pete Whittington sont encourageants. Des initiatives sont en place  pour protéger ces zones et ces habitats. 

« Le Manitoba est la seule province avec des politiques et une législation spécifiques aux tourbières », dit Pete Whittington, content. 

Il poursuit et m’explique que les entreprises exploitent les tourbières et vendent de la tourbe pour les jardiniers, mais grâce aux législations, ces entreprises doivent par la suite restaurer l’environnement. 

De plus, les fermiers reçoivent une compensation pour préserver les marais, au lieu de les exploiter. 

Justement, le chercheur scientifique pour Canard Illimité Canada, Pascal Badiou travaille avec les fermiers à travers les prairies pour identifier les marais. En plus de la préservation, son travail se concentre également sur la restauration.

« Les grains ne peuvent pas pousser dans l’eau, alors les agriculteurs ont installé des systèmes de drainage. Pour restaurer les terres, on [l’équipe de scientifiques et les agriculteurs] va bloquer ce drainage. Donc, au printemps, quand la neige fond, la terre peut absorber l’eau à nouveau. » 

J’offre mon respect aux tourbières et marais du Manitoba. Ils ne sont pas seulement des victimes du réchauffement climatique, mais aussi des alliés précieux. Chaque tige qui perce l’eau, chaque parcelle de tourbe qui respire sous nos pieds, travaille silencieusement à protéger notre avenir! 

La francophonie du Nord et de l’Ouest habite sur des territoires visés par de multiples traités avec les peuples autochtones ainsi que des territoires non cédés. Ces peuples ont accueilli les premiers francophones et les ont aidés à survivre et prospérer. C'est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l'avenir que nous reconnaissons la relation continue entre les peuples autochtones et les autres membres de la communauté francophone. Au-delà de cette reconnaissance, WebOuest s’engage à mettre en lumière des histoires des peuples autochtones qui habitent toujours ces terres.