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WebOuest Réveil abrupte : de l’eau dans mon lit

Réveil abrupte : de l’eau dans mon lit

Par Zoé Le Gallic | 8 novembre 2025

5 octobre. Foudre, orage, pluie et vent battent leur plein. 

Il est 2h du matin, j’ai froid aux pieds. J’ouvre les yeux. Constat : mes couvertures sont pleines d’eau. 

Mon regard porte vers le plafond. Je compte : un, deux, trois, quatre entrées d’eau à différents endroits : à l’entrée, à la cuisine, devant la salle de bain, les gouttes s’écoulent de partout. 

Je vis dans un trailer. 

Je dors généralement très bien, mais cette nuit a été courte. 

6 octobre. Je soulève une partie du plafond. Constat : un toit trempé. 

Je pense vendre mon trailer. Clairement, le plafond renfonce. Les acheteurs potentiels risquent de le remarquer. Raisonnement : Je dois m’attaquer au problème. 

D’abord, il faut enlever la première couche, la membrane, mais pour l’enlever, je dois dévisser tous les accessoires, soit des couvercles d’évent avec ventilateur, des contours de métaux et un toit d’aération du réfrigérateur. 

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Photo 1 : J’ai retiré le toit d’aération du réfrigérateur.

Photo 2 : Je tente de retirer un couvercle d’évent. 

Aucune idée dans quoi je m’embarque. Durant 15 heures, je découpe, j’arrache le calfeutrage et j’enlève quelque 200 vis. 

Je découvre la face cachée de mon toit, la vérité à découvert : des planches de bois noires.

Le toit doit être refait au complet. Je ne peux me contenter d’apporter quelques correctifs, tout doit être enlevé et refait. 

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Photo 1 : J’ai réussi à enlever la membrane 

Photo 2 : Les outils éparpillés représentent bien la façon dont je me sens!

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Photo 1 : Après une journée de démolition, accompagnée de deux amis, le toit est complètement arraché. 

Photo 2 : Je dois maintenant penser à la construction, c’est un peu comme construire un avion en plein vol.

L’épisode recherche et construction, la période d’angoisse

Mon infiltration d’eau a commencé il y a deux semaines. Démolir un toit c’est une chose, en construire un nouveau est une toute autre chose! 

J’essaie de comprendre quels sont les meilleurs matériaux.

Un plafond oui, mais lequel? Ah, un luan. Un isolant oui, mais quelle cote R? Ah, un R5.  Du bois oui, mais du bois traité, du bouleau ou du chêne rouge? Ah, du bouleau, car c’est plus flexible et léger. Quelle épaisseur auront mes planches? Ah, un pouce. 

Ma tête fait mal à force de tout questionner et de trouver les bonnes réponses. Je suis stressée, car je dois compléter les rénovations avant les premières neiges, mais il fait déjà froid et il pleut environ trois jours par semaine. 

Lors d’une soirée, avec mon ami Darryn, on réussit à construire un contour de bois et quatre planches qui passent à travers.

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Photo 1 : Je fais sécher des planches de bois. Elles étaient mouillées quand je les ai achetées au magasin. En plus, je me suis rendue compte qu’elles n’avaient pas la bonne épaisseur. J’ai été mal orientée par un commis de magasin, 1x4x8 ça ne veut pas dire un pouce d’épaisseur, mais ¾ de pouce. 

Photo 2 : Il fait froid et noir, mais je dois terminer mon projet. 

La journée suivante, je me rends compte que le styromousse n’a pas d’appui. Comment va-t-il tenir entre les planches de bois? 

Mon cousin toiturier me conseille de construire un quadrillé et de mettre la première couche de plafond de l’intérieur. 

Un autre ami, Sean, me dit : « on va arracher tout ce que tu as construit et on mettra la première couche de plafond à partir de l’extérieur, ce sera plus facile ».  

J’opte pour cette dernière option. Non pas sans découragement. 

Lumière au bout du tunnel

Je commets des erreurs, mais je les corrige. J’apprends : je découpe du bois et j’utilise un oscillateur, une ponceuse et une agrafeuse à pression. 

J’essaie de voir ce travail de construction comme un exercice de détente et de pleine conscience. Je dois rester concentrée et exécuter les tâches avec précision.

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Photo 1 : Je vois enfin la lumière au bout du tunnel, j’ai la première couche de plafond! 

Photo 2 : Mon toit vu de haut, il faut désormais ajouter le styromousse.

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Photo 1 : Je nettoie mes mains, prend ma douche, laisse tremper, mais la saleté ne part pas. Je me rends compte que c’est de la colle. Ma main restera comme cela pendant quatre jours. La peau finit par expulser la colle naturellement. 

Photo 2 : Je mesure, découpe et colle le styromousse.

Prochaines étapes? Ajouter une couche de contreplaqué sur le styromousse, et, la touche finale, la membrane! 

Si le processus était à refaire, j’aurais peut-être simplement coller un nouveau plafond intérieur par-dessus le vieux pour ainsi me permettre de vendre ma maison sur roue. J’ai fait l’acquisition de mon Shadow Cruiser 2005, à un bon prix, il y a moins d’un an. Mais j’avoue qu’au courant des derniers mois, ma courbe d’apprentissage a été abrupte. Disons que la prochaine fois, je serai une acheteuse avertie. Je saurai mieux reconnaître les failles. 

Et pour les curieux, sans compter toutes mes heures et les heures des personnes qui m’ont aidé (100?) le total des matériaux achetés pour la construction de ce nouveau toit s’élève à 2 000 $. 

Ma maison sur roue sera bientôt remisée pour l’hiver… Êtes-vous curieux de savoir ce qui m’attend comme projet l’été prochain? 

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