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WebOuest Quand la passion devient obsession: Jackie Corrigan, à la recherche de ses ancêtres Hogue et Girardin

Quand la passion devient obsession: Jackie Corrigan, à la recherche de ses ancêtres Hogue et Girardin

Le nom de famille, tout un héritage!
Par Martine Bordeleau | 5 novembre 2022
Les amateurs et amatrices de généalogie s’entendent au moins sur un fait: quand on se lance dans la recherche de ses ancêtres, on s’embarque dans une aventure qui n’a pas de fin. Dans le cas de Jackie Corrigan (née Hogue) de Winnipeg, la passion est devenue une plaisante obsession qui l’occupe au quotidien.
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Jackie Corrigan, autrice d’un blogue généalogique sur les familles Hogue et Girardin.

J’ai découvert les articles de Jackie (en anglais) tout à fait par hasard en faisant de la recherche sur la famille Hogue. Elle a le tour de nous raconter les histoires de ses ancêtres Hogue et Girardin avec beaucoup d’enthousiasme. Jackie a pris le temps de nous de partager ses réflexions* sur sa passion et sur les histoires fascinantes qu’elle a dénichées au cours de ses recherches.

Tout a débuté avec un livre d’histoire

Ce qui a piqué la curiosité de Jackie Corrigan à propos de ses ancêtres, c’est un livre d’histoire** qui parle de son arrière-arrière-grand-mère, Margaret Taylor. Elle avait entendu ce nom de la bouche de Moe Hogue, un cousin éloigné vivant comme elle à Winnipeg, qui faisait de la recherche poussée sur les ancêtres Hogue. C’est un tournant pour Jackie. « Ce livre marque le début de mon obsession pour la généalogie. »

Margaret Taylor, femme métisse née vers 1805 à York Factory, était l’épouse « à la façon du pays » du gouverneur de la Compagnie de la Baie d’Hudson, George Simpson. En 1830, à la surprise de Margaret qui avait déjà deux garçons nés de cette union, Simpson revient d’un voyage en Angleterre, accompagné d’une nouvelle épouse, sa cousine Frances Ramsay Simpson!

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Portrait de Sir George Simpson, vers 1855. Crédit : Bibliothèque et Archives Canada/R14656-1/e011180711

Pour «régler la situation» avec Margaret, le gouverneur Simpson l’a poussé à épouser Amable Hogue, le 24 mars 1831. Amable était un employé au service de Simpson et œuvrait comme maçon au fort Lower Fort Garry, et à la construction de la troisième église de Saint-Boniface.

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Troisième cathédrale de Saint-Boniface, construite en pierre à la demande de Mgr Provencher. Amable Hogue en était l’un des chefs maçons. L’église a ouvert ses portes en 1839. Elle a été détruite par un incendie en 1860, réduisant en cendres du même coup les archives de la mission de la Rivière-Rouge depuis ses débuts. Crédit: Collection du Musée de Saint-Boniface, Société historique de Saint-Boniface.

Jackie Corrigan m’a raconté ce qui est confirmé en ligne dans le Dictionnaire biographique du Canada: l’arrivée de l’épouse britannique de Simpson dans l’Ouest va changer à jamais les relations entre Européens et non-Européens. Les femmes métisses et autochtones, malgré leur grande contribution à la vie de la colonie, furent rejetées par la Compagnie de la Baie d’Hudson et subirent des préjugés raciaux. Les femmes non-Autochtones étaient dorénavant considérées comme idéales pour aider la colonie à prendre de l’expansion. Ironiquement, Frances Simpson, de santé trop fragile pour supporter le climat manitobain, est d’abord retournée en Angleterre pour ensuite vivre avec son époux à Lachine où elle mourut en 1853, sans jamais revenir dans l’Ouest.

Revenons à Margaret Taylor et Amable Hogue. En plus des deux garçons nés de l’union de Margaret avec le gouverneur Simpson, le couple Hogue a eu dix enfants, et leurs descendant.e.s se comptent par milliers dans tout le Canada et aux États-Unis, portant le nom Hogue bien sûr, mais on y compte aussi des Dumas, des Carrière, des Gaudry, des Lagacé et des Desjarlais. 

Le premier Hogue en Amérique du Nord: Pierre, originaire de la Picardie en France 

Pierre Hogue arriva en Nouvelle-France vers 1672 où il épousa Jeanne Théodore en 1676. Le couple a eu sept enfants. Une des grandes surprises des recherches de Jackie Corrigan est de découvrir que sa lignée descend plutôt du fils illégitime de Jeanne, François, né d’une relation extraconjugale avec un soldat, Jacques Amelot dit Sanspeur. Jackie se plait à penser que si son ancêtre François n’avait pas choisi le nom de famille de son père adoptif, Hogue, toute sa lignée se nommerait Amelot Sanspeur!

Jackie Corrigan a aussi d’autres ancêtres originaires du Québec : Paul Girardin et Louise Bernardin qui, au XIXe siècle, comme beaucoup de Canadiens français de l’époque, se sont installés en Nouvelle-Angleterre à la recherche d’emplois. Certains de leurs enfants sont venus s’installer au Manitoba en 1878. La grand-mère de Jackie, Emma Girardin, est arrivée dans la province à l’âge de deux ans. L’air du pays lui a été favorable, car elle a vécu jusqu’à 101 ans!

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Thomas Hogue Sr. (1840-1924), fils d’Amable Hogue et Marguerite Taylor, et son épouse, Philomene McMillan (1848-1923). Thomas Hogue est l’arrière-grand-père de Jackie Corrigan. Crédit: Collection personnelle de Jackie Corrigan.

Jackie Corrigan a aussi découvert quelques ancêtres marquants, dont Jean-Baptiste Bernardin, soldat dans l’armée napoléonienne et dans le régiment de Meuron (voir son histoire dans cet article sur canton de Grantham au Québec où il a vécu) et l’Écossais de naissance James McMillan, fondateur de Fort Langley en Colombie-Britannique.

Si comme Jackie Corrigan, vous entreprenez des recherches généalogiques, voici quelques conseils de sa part : « Armez-vous de patience et de persévérance, et ayez l’esprit critique. S’il est encourageant de dénicher des documents, il faut le faire avec un œil critique et prendre le temps de bien vérifier les faits. Les articles de journaux d’époque sont une bonne façon de confirmer certaines informations. »

Pour lire les articles de Jackie Corrigan (en anglais):

Margaret Taylor, Métisse de la Rivière-Rouge
L’histoire d’Amable Hogue, maçon à Saint-Boniface 
François Hogue, fils de Jacques Amelot dit Sanspeur
James McMillan et son lien avec la Colombie-Britannique

***

*Les propos de Jackie Corrigan racontés dans ce blogue sont des traductions libres de l’anglais au français, avec son aimable autorisation.

**Many Tender Ties de Sylvia Van Kirk, historienne et professeure émérite de l’Université de Toronto. Son livre raconte la place que tenaient les femmes dans l’époque de la traite des fourrures. (ISBN 0806118474). À ma connaissance, ce livre n’est pas traduit en français. Cependant, vous pouvez lire en ligne un excellent article sur les femmes de l’Ouest de l’époque de la traite des fourrures dans une exposition virtuelle albertaine intitulée Les Femmes de la Tremblaie.

La francophonie du Nord et de l’Ouest habite sur des territoires visés par de multiples traités avec les peuples autochtones ainsi que des territoires non cédés. Ces peuples ont accueilli les premiers francophones et les ont aidés à survivre et prospérer. C'est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l'avenir que nous reconnaissons la relation continue entre les peuples autochtones et les autres membres de la communauté francophone. Au-delà de cette reconnaissance, WebOuest s’engage à mettre en lumière des histoires des peuples autochtones qui habitent toujours ces terres.
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