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Les Rocheuses

Partager ses pronoms: une pratique inclusive

Par Martin Bouchard | 8 août 2022
Le 14 juillet dernier marquait la Journée de visibilité des personnes non-binaires. Selon mon expérience, s’il est un concept qui peut sembler difficile à cerner pour monsieur et madame Tout-le-Monde, c’est bien la non-binarité.

Sur papier, la non-binarité est un terme générique utilisé pour catégoriser les différentes identités de genre non binaires qui ne s’inscrivent pas dans la norme binaire occidentale moderne, c’est-à-dire que les personnes non binaires ne s’identifient ni strictement homme, ni strictement femme, mais entre les deux, un mélange des deux, ou aucun des deux.

Dans la réalité, il faut simplement accepter que pour certaines personnes, le genre est fluide; il s’éloigne des codes féminins et masculins véhiculés par la société occidentale depuis des siècles. Pas plus compliqué que ça!  C’est tellement simple que de plus en plus d’institutions sautent à pieds joints dans le train de l’inclusion, et ce, par respect pour les personnes non-binaires.  

Martin Bouchard (il)

Vous avez peut-être remarqué que de plus en plus de personnes indiquent leur pronom aux côtés de leur signature courriel? Il existe plusieurs raisons pour lesquelles partager ses pronoms se révèle être une bonne pratique pour stimuler l’inclusion au sein de nos communautés, qu’elles soient professionnelles ou purement sociales. Pour les personnes qui n’ont jamais eu à se soucier du pronom que les autres utilisent pour les interpeller, cet enjeu peut ne pas sembler important. Il s’agit d’un privilège.

Or, les personnes qui sont désignées par le mauvais pronom peuvent se sentir méprisées, invalidées et aliénées. De plus, on ne peut pas toujours savoir quels sont les pronoms de genre d’une personne en la regardant. Connaître et utiliser les pronoms de genre de quelqu’un est une façon positive de soutenir les personnes avec lesquelles vous travaillez ou que vous rencontrez pour la première fois. En gros, partager ses pronoms de genre est une action concrète que les allié.es peuvent prendre afin de normaliser cet enjeu dans la sphère publique, professionnelle, etc.

​​Comment procéder

Dans le cadre d’une introduction formelle ou d’une activité brise-glace, vous pouvez dire, par exemple: Bonjour, mon nom est Cybille, j’utilise le pronom Iel et la conjugaison féminine. Si vous ne savez pas quel est le genre d’une personne, il est important d’éviter d’assumer. Il est préférable de poser la question directement: « Quels sont vos pronoms de genre? » ou « Pouvez-vous me rappeler quels sont les pronoms que vous utilisez? »

Que faire si l’on se trompe? Il est possible que, dans le feu d’une conversation, vous vous rendiez compte que vous avez mégenré une personne. Pas de panique. Excusez-vous et reformulez le pronom correctement. « Désolé je voulais dire elle (au lieu de lui, par exemple) ». Si vous vous rendez compte de votre erreur après coup, excusez-vous en privé et passez à autre chose. Ne vous attardez pas sur votre erreur. Un acharnement aurait pour effet que la personne se sente mal à l’aise et responsable de vous réconforter. Bien que l’erreur soit humaine, c’est à vous de vous souvenir et de respecter les pronoms de genre de quelqu’un.

Partager ses pronoms dans une signature de courriel

Un moyen facile pour les milieux professionnels d’introduire les pronoms de genre dans l’environnement corporatif est de les ajouter aux signatures de courriel. Cela agit comme un rappel interne tout en renforçant la sensibilisation externe. Il s’agit d’une façon simple de souligner que l’on se soucie des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Pour les personnes cis-genres, il s’agit d’une reconnaissance de leur privilège.

Martin Bouchard écrit au nom du Comité FrancoQueer de l’Ouest, la ressource connexe 2SLGBTQIA+ pour les personnes d’expression française en situation minoritaire dans l’Ouest Canadien.
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