Bon nombre d’études se sont penchées sur les difficultés vécues par les femmes et les personnes aidantes dans l’industrie du cinéma et de la télévision. C’est comme si à ce moment de pression accrue, voire écrasante, on ne pouvait plus nier la difficulté de la conciliation travail-famille dans l’industrie. Il existe un stress croissant chez les femmes qui essaient d’équilibrer le bien-être personnel et familial avec les obligations et les conditions de travail dans l’industrie du cinéma et des médias.
À la suite de nombreuses études effectuées, rien ne semble avoir réellement changé dans l’industrie du cinéma. D’autres disciplines comme le théâtre et les arts de scènes mettent en place des initiatives intéressantes, telles que Level Up. Celle-ci s’inspire de Balancing Act qui essaie de mieux concilier le travail et la famille. Ces initiatives financent des programmes qui revoient les façons de faire dans les organismes des arts de la scène en valorisant le bien-être mental des artistes qui sont parents. Le tout offre un soutien financier pour des projets pilotes qui soutiennent un changement de culture en faveur d’un équilibre plus sain dans le secteur des arts.
Une autre initiative importante et cette fois-ci spécifique à l’industrie du cinéma et de la télévision est le FAMILY CARE PROJECT de l’organisme Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN) qui est aussi né de la pandémie. Cette étude de 2021 fait aussi le constat que dans l’ensemble, l’industrie audiovisuelle canadienne est décrite comme peu accueillante pour les parents et les personnes aidantes.
Malgré ces constats, la réalité actuelle des plateaux ne semble pas avoir adapté des initiatives post-pandémique en ce qui à trait à la conciliation travail-famille. L’industrie continue à exiger de longues heures de travail et des contrats de courte durée, avec des logements inadéquats pour les femmes enceintes, les parents et les aidants familiaux. La flexibilité est aussi limitée pour des dynamiques familiales culturellement diverses.
Pourtant, précurseur de l’économie collaborative, l’industrie audiovisuelle constitue un terrain d’expérimentation idéal pour trouver des solutions aux défis tels que la précarité de la main-d’œuvre, les horaires atypiques et la diversité des besoins des travailleurs.
Bien que l’industrie audiovisuelle soit l’un des médias les plus anciens et les plus influents, employant l’une des plus grandes quantités de personnel au monde, elle accuse toujours un retard en matière d’inclusion et de soutien aux familles.
Les longues heures de travail, les heures supplémentaires souvent obligatoires, le travail de fin de semaine et les conditions de travail précaires continuent à exclure les personnes ayant des obligations familiales ou à limiter leurs opportunités. Les employé.e.s font face à un environnement souvent stressant et axé sur le rendement.
De plus, ces exigences excluent les professionnels issus de l’immigration. Les exigences des industries du cinéma et de l’audiovisuel sont contraires à l’éducation des enfants et à la prise en charge des personnes âgées, ce qui est souvent considéré comme fondamental dans la culture de plusieurs communautés racisées.
Pour toutes ces raisons, la culture dans l’industrie se doit de changer. Ce n’est pas impossible de le faire, loin de là. Nombreuses sont les alternatives qui ont été proposées lors de la pandémie pour faire face à ces circonstances extraordinaires démontrant qu’une flexibilité pourrait être envisageable et que les budgets pouvaient faire preuve de flexibilité aussi.