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WebOuest Certification milieu inclusif engagé : un pas de plus pour faire mieux
crédit photo : Caneva
Les Montagnes

Certification milieu inclusif engagé : un pas de plus pour faire mieux

Par Martin Bouchard | 15 novembre 2025

Certification milieu inclusif engagé : un pas de plus pour faire mieux

On le sait, les mots ne suffisent pas. Se dire inclusif, c’est bien, mais encore faut-il savoir ce que ça signifie dans un cadre professionnel, dans la vraie vie, entre collègues, dans une salle d’attente ou devant un formulaire d’embauche. Et surtout : dans nos réalités francophones minoritaires de l’Ouest, où l’accès à des ressources adaptées est souvent limité, voire inexistant.

C’est en partant de ce constat que le Comité FrancoQueer de l’Ouest a mis sur pied un projet inédit : la Certification milieu inclusif engagé (CMIE). Une démarche qui va au-delà de la sensibilisation ponctuelle, et qui propose un parcours de formation structuré, évolutif et profondément ancré dans notre contexte linguistique et culturel.

Une certification par et pour les francophones en situation minoritaire

Des certifications en inclusion, il en existe une ribambelle! Mais celle-ci ne vient pas d’une tour de bureaux à Toronto ou d’un service RH bilingue qui traduit mal ce qu’il ne comprend pas. La CMIE a été pensée par des francophones vivant dans l’Ouest canadien, pour des milieux francophones, avec toute la complexité que ça suppose.

Dans un organisme, un centre de santé, une école ou une entreprise, comment aborde-t-on les questions liées à la diversité sexuelle et de genre, au racisme, à la neurodivergence, quand on est en situation minoritaire linguistique, parfois isolé, souvent à court de moyens? La CMIE ne prétend pas tout régler, mais elle offre une base solide pour amorcer un vrai changement.

Un parcours complet, pas une formule magique

Le parcours de certification ne commence pas avec un module de formation, mais avec un geste clair de la direction. La première étape consiste à soumettre une lettre d’intention signée par la présidence ou la direction générale de l’organisation. Ce n’est pas une formalité administrative, mais un engagement public à entreprendre un vrai travail de réflexion et de transformation. Sans cet ancrage, la suite perd son sens.

À partir de là, les équipes embarquent dans une démarche progressive. Le contenu a été conçu pour susciter des discussions franches, bousculer certains réflexes, et surtout offrir des repères solides. On commence par les bases, mais pas de façon superficielle : qu’est-ce qu’un milieu inclusif ? Pourquoi parle-t-on d’alliance professionnelle? Comment nommer les réalités 2SLGBTQIA+ sans tomber dans les clichés ni le jargon?

Puis, peu à peu, on élargit le cadre. On aborde les dynamiques relationnelles, les identités multiples, le rôle que jouent nos contextes familiaux, culturels, sociaux. Des outils visuels, comme le « papillon des intersections », permettent de réfléchir autrement à la façon dont les discriminations et les privilèges se superposent. D’autres parties du parcours amènent à explorer les impacts du racisme structurel ou à reconnaître les réalités autochtones, sans prétendre tout maîtriser. L’important, c’est de rester à l’écoute, surtout quand on croit déjà « tout savoir ».

Un autre volet, souvent très concret pour les milieux de travail, porte sur les pratiques professionnelles : comment rédiger une offre d’emploi inclusive, comment gérer une équipe diversifiée, comment créer une culture d’organisation où personne ne se sent obligé·e de cacher une partie de qui iel est. On y parle aussi d’écriture inclusive, de neurodiversité, de collecte de données. Mais toujours avec un souci d’adaptation au contexte francophone de l’Ouest.

Enfin, parce qu’aucun processus n’est sans frictions, on aborde les tensions. Pas pour les éviter, mais pour apprendre à les traverser. Parfois, même à l’interne, une organisation qui se transforme peut déranger. Savoir écouter, répondre, corriger… c’est ce qui distingue un engagement sincère d’un simple vernis.

Un avantage clair pour les milieux professionnels

La CMIE n’est pas une simple marque de reconnaissance. Elle devient un levier stratégique pour les milieux qui veulent réellement se démarquer. En contexte de rareté de main-d’œuvre, offrir un environnement sécuritaire, ouvert et formé attire les talents et favorise la rétention. Et ce n’est pas du marketing. C’est du bon sens.

Les employé·e·s restent là où ils et elles se sentent vu·e·s, respecté·e·s, prises en compte. De plus en plus, les clients, les partenaires et les bailleurs de fonds exigent des engagements réels en matière de diversité et d’inclusion. La certification, c’est aussi une façon de rendre ces engagements visibles, crédibles et mesurables.

En terminant, l’un des principes fondamentaux de cette certification, c’est qu’elle n’est jamais figée. Elle évoluera parce que les besoins d’aujourd’hui ne sont pas ceux de demain. Et surtout, parce qu’en matière d’inclusion, personne n’a jamais fini d’apprendre.

Pour en savoir plus ou proposer la démarche dans votre milieu : cfqo.ca/cmie

 

 

 

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