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WebOuest Reflet d’artiste : À la rencontre du photographe Bob St-Cyr
crédit photo : Bob St-Cyr

Reflet d’artiste : À la rencontre du photographe Bob St-Cyr

Par Dominique Liboiron | 17 janvier 2026

Les photos de Bob St-Cyr ne sont pas juste des photos. Elles sont également des invitations. Le photographe les tend devant nous et nous invite à apprécier la beauté de la lumière, des ombres, de la nature et même des sites industriels. Sa dévotion à la quête de beauté et à la captation sur film remonte à son adolescence. Commençons là pour tracer son cheminement. 

Né au Manitoba, Bob a été élevé à Ponteix, une communauté fransaskoise située à deux heures et demie au sud-ouest de Régina. Il y est arrivé en 4e année et a découvert la photographie en 7e année. En plus d’un club de photo, l’école avait une chambre noire. Bob aimait à la fois prendre des photos et développer les pellicules. « J’ai tout simplement trouvé ça intéressant », raconte-t-il. 

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crédit photo : Bob St-Cyr

Les élévateurs à Ponteix, les rails et le coucher du soleil contribuent tous à la beauté de cette scène captée par Bob dans les années 90 sur une pellicule de diapositives. 

Lorsque Bob était écolier, son enseignant de photographie était aussi son enseignant de sciences. Dans le cadre d’un projet de science, Bob et un de ses camarades de classe voulaient prendre des photos d’étoiles. Ils ont emprunté une des caméras de l’école. Bob a encore le projet qu’ils ont complété. Ce projet était un point tournant sur le chemin pour devenir photographe, Bob partage. 

Après avoir terminé l’école, Bob a gardé un fort intérêt pour la photographie, mais il l’a approfondi au Japon. En 1992, il s’est rendu au pays du soleil levant pour enseigner l’anglais. Au Japon, la photographie attire beaucoup d’intérêt. Le pourcentage de gens qui se dévouent sérieusement à la photo est plus élevé qu’au Canada. Notons aussi que des manufacturiers de caméras comme Canon, Nikon et Sony sont tous des marques japonaises. Au total, Bob a passé six ans dans ce pays qui valorise la photographie. C’est là qu’il a montré ses photos en exposition pour la première fois.

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crédit photo : Bob St-Cyr

En dépit de son expérience au Japon, sa photographie est bien ancrée dans des thèmes de l’Ouest canadien tels que les plaines, les grands espaces et les bâtisses désuètes. 

Bob se sert de plusieurs marques de caméras. Selon lui, une caméra n’est qu’un outil pour accomplir une tâche. Si une Canon lui donne les résultats voulus, il s’en sert, mais il pourrait tout aussi facilement se servir d’une Nikon ou d’une autre marque.

Bob a une caméra numérique. Il avoue que la photographie numérique est commode; il l’enseigne même à ses élèves du secondaire à Abbottsford, une ville à une heure au sud-est de Vancouver, où Bob habite. Néanmoins, le numérique n’a pas beaucoup d’attrait pour lui. « J’aime le film » explique le photographe. 

Il ne nie pas que le film exige plus d’effort. Mais Bob ne se plaint pas. En fait, c’est tout le processus et le défi de la photographie sur film qui l’intéressent. Il prend, développe et imprime ses propres photos. Selon lui, les résultats de la photographie sur film sont beaucoup plus riches.

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Bob peut passer des heures dans une chambre noire.

Ce passionné de la photographie capte ici et là des images sur des pellicules de 35 mm. Sa préférence, par contre, est celle des pellicules de moyen et grand format. J’ai rédigé un blogue pour mieux comprendre les différents formats de film.

Présentement, Bob travaille avec une variété d’appareils. Pour le format moyen, il utilise une Mamiya 645 Pro TL et pour ses photos infrarouges, il manie une Mamiya C330. 

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La Mamiya C330 est dotée de deux lentilles. Celle en haut permet au photographe de voir son sujet. Celle en bas capte l’image. Les caméras de ce genre sont bien adaptées à la photographie infrarouge. Pour prendre ces photos, il faut mettre un filtre rouge très foncé sur la lentille, ce qui empêche le photographe de bien voir lorsqu’il regarde à travers la caméra; du moins dans le cas d’une caméra avec seulement une lentille. Puisque la C330 en a deux, la vue du photographe n’est pas obstruée par le filtre foncé. Bob se servait autrefois du film infrarouge Rollei, mais cet été, il a commencé à se servir du film Ilford SFX. À gauche, nous voyons la pellicule de format moyen. 

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La photographie infrarouge a comme effet de transformer le vert en blanc. Donc, l’herbe et les feuilles sont transformées. De plus, le ciel devient très foncé comme nous voyons dans cette photo d’Admiral, un hameau en Saskatchewan à trois heures au sud-ouest de Regina. En 2024, cette photo intitulée « Infrared Prairie » lui a mérité une médaille d’or à la compétition « Prix de la photographie, Paris. » 

Pour le grand format, Bob prend ses photos avec une Toyo 45A II. La pellicule mesure quatre pouces par cinq pouces, ce qui permet à Bob de capter énormément de détails. 

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crédit photo : Dominique Liboiron

Les appareils de grand format demandent beaucoup de temps pour capter une photo. Il faut régler la caméra à la main et les pellicules coûtent cher, non seulement en termes d’argent, mais également au niveau du temps qu’il faut pour les développer. Bob se perd dans le processus et il y trouve beaucoup de plaisir. Cette caméra est la Toyo 45 CF, soit un modèle différent de la caméra de Bob, mais elles se ressemblent.   

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Bob s’est servi de sa caméra 4 x 5 pour capter cette scène devant une chute d’eau. La pellicule 4 x 5 saisit beaucoup de détails comme nous voyons aux racines. 

Bob estime que 90 % de ses photos sont en noir et blanc. Parmi ses films préférés de ce genre-là, nous retrouvons l’Ilford FP4+ ainsi que l’HP5+. Il aime également le Fujifilm Acros. Côté couleur, il aime charger sa Mamiya 645 Pro TL avec le film de diapositives Provia en raison de la richesse des couleurs. 

Du 26 juillet au 23 octobre 2025, Bob a exposé une douzaine de photos à la galerie Shurniak à Assiniboia, une ville à deux heures au sud-ouest de Regina. L’exposition s’appelait « Memento Lux: In Silver and Light. » Traduit du latin au français, Memento Lux signifie « Souviens-toi de la lumière. »

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L’exposition regroupait des photos de la nature en noir et blanc et des bâtisses industrielles. Dans les deux cas, la lumière occupait souvent une place d’importance dans les images. 

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Intitulée « Webbed Window, » cette photo comptait parmi la série d’images en exposition à la galerie Shurniak. La lumière joue non seulement un rôle important dans la photographie de Bob, mais elle représente aussi sa foi chrétienne. Sa philosophie de vie et de photographie est de « Suivre la lumière. » Ce principe est tiré de l’évangile de Jean (8:12) où Jésus indique que ceux qui suivent sa lumière seront sur le bon chemin. 

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Bob aime se rendre à l’ancienne centrale hydro-électrique de Stave Lake pour prendre des photos industrielles. Le site se trouve à Mission en Colombie-Britannique, soit à 30 minutes à l’est de Vancouver. Construite il y a un siècle, la centrale fournissait auparavant de l’électricité. Fermée depuis l’année 2000, la centrale est maintenant un site historique. Dans cette image, la lumière aide à ressortir la texture de cette turbine. 

La photo avec la chute d’eau et les racines que nous avons vue plus haut se trouvait dans l’exposition aussi. 

En plus de ses expositions, les photos de Bob ont été publiées dans des revues comme Prairies North et il a gagné de multiples prix. Par exemple, en 2010, il a reçu un prix de l’Association canadienne d’art photographique en raison de ses réussites et de sa contribution à la photographie. 

À part ses distinctions au niveau de la photo, Bob compte parmi un très petit nombre de gens qui ont trouvé un dinosaure. Lors d’une promenade en campagne au nord-est de Ponteix en 1992, il a vu des os qui sortaient de la terre. Après avoir partagé sa découverte avec un ami qui connaissait des archéologues, des fouilles ont dévoilé que les os fossilisés appartenaient à un plésiosaure, un dinosaure marin qui habitait la région il y a 70 millions d’années. 

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À la suite de cette découverte, le village de Ponteix a érigé une statue d’un plésiosaure. Elle se trouve à l’entrée de la communauté. 

Quant à ses plans futurs, Bob aimerait publier un livre au sujet des Prairies. Par contre, il trouve qu’il n’a pas souvent la chance de prendre des photos de la plaine étant donné qu’il vit en Colombie-Britannique. En dépit de la distance, la Saskatchewan occupe toujours une place d’importance dans son cœur. 

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Ce champ se trouve à l’intersection des autoroutes 13 et 19 en Saskatchewan. Selon Bob, le propriétaire du terrain lui expliquait que l’arbre aurait été l’emplacement du village de Ferland, mais en fin de compte, la communauté a été bâtie à une dizaine de kilomètres plus au sud. 

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Bob a capté ce troupeau d’antilopes à l’est de Ponteix. Il a nommé la photo « Free Range ».

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La tour d’eau de Ponteix est connue en raison de sa forme unique. 

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Lumière dorée et souffle de vent au nord de Ponteix. 

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Ces trois élévateurs se trouvaient à Verlo, un ancien village en Saskatchewan à 45 minutes à l’ouest de Swift Current. Le village ainsi que tous ces élévateurs sont partis. 

Le cheminement de Bob, de Ponteix à Abbottsford, se voit marqué par un engagement à la photographie qui dure presque toute sa vie. Bob se demande si cela s’explique par le fait qu’il était jeune, et donc susceptible aux influences, lorsqu’il a commencé à prendre des photos. Pour lui, la photo est bien plus qu’un simple passe-temps. Il la porte dans son âme. 

Pour apprécier davantage son œuvre, visitez son blogue https://stcyrphoto.blogspot.com/. 

Ce reflet d’artiste est la première dans une série de trois. Le mois prochain, l’artiste en question partagera sa découverte d’une région méconnue, mais digne d’un apprentissage en profondeur. En même temps, il nous relate son exploration d’une communauté fransaskoise; à ne pas manquer.

Je vous invite à partager vos photos avec nous. Prière de les envoyer à dliboiron4@hotmail.com et d’y inclure une courte description. 

La francophonie du Nord et de l’Ouest habite sur des territoires visés par de multiples traités avec les peuples autochtones ainsi que des territoires non cédés. Ces peuples ont accueilli les premiers francophones et les ont aidés à survivre et prospérer. C'est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l'avenir que nous reconnaissons la relation continue entre les peuples autochtones et les autres membres de la communauté francophone. Au-delà de cette reconnaissance, WebOuest s’engage à mettre en lumière des histoires des peuples autochtones qui habitent toujours ces terres.