Les femmes et les enfants subissent davantage les effets de la violence dans le cas de conflits armés. Ces impacts sont vastes, complexes et perdurent dans le temps. De nombreuses études démontrent que ce sont les femmes et les enfants qui souffrent le plus des innombrables conséquences à long terme de ces guerres.
De plus, le 21e siècle a été marqué par une augmentation significative et croissante des guerres et de la violence à l’échelle mondiale. Les conflits actifs ont atteint des niveaux records depuis des décennies. « À l’heure actuelle, plus de 600 millions de femmes et de filles vivent dans une zone touchée par un conflit, soit 50 % de plus qu’en 2017 », selon ONU Femmes,l’agence des Nations unies pour la défense des droits des femmes. Et les décès liés aux conflits ont quadruplé entre 2020 et 2022 seulement.
Que ce soit en Afghanistan, au Soudan, au Congo, en Ukraine ou en Géorgie pour ne citer que quelques guerres et crises actuelles; le nombre de femmes touchées ne cesse d’augmenter.
Le génocide infligé aux Palestiniens n’en est aucunement une exception, car les femmes et les filles palestiniennes sont les victimes les plus importantes des attaques d’Israël et de l’inaction de la communauté internationale.
Selon ONU Femmes, « plus de 70 % des décès confirmés à Gaza dans les 162 derniers jours sont des femmes et des enfants ».
Sans compter les corps qui n’ont pas encore été retrouvés. Ces données datent d’avril de 2025, et donc ce pourcentage risque facilement d’être à la hausse.
Face à une attaque si meurtrière il devient peut-être abstrait de penser à la vie quotidienne de ces femmes qui sont prises au cœur de ce cauchemar. Mais essayons par solidarité d’y songer pendant un moment.
Commençons par le besoin le plus fondamental, l’accès à l’eau. En ce moment, plus d’un million de femmes et de filles à Gaza n’ont quasiment pas accès à l’eau potable, à l’eau propre, aux latrines, aux toilettes et aux serviettes hygiéniques. Dans ces conditions de vie inhumaines, les maladies se propagent à une vitesse fulgurante. Ceci sans compter que depuis quelques mois, la population entière manque cruellement de nourriture en raison du blocus israélien qui prive même l’entrée de lait infantile, vital pour des milliers de nourrissons.
D’un point de vue plus sociétal, les conflits exigent des femmes qu’elles « élaborent régulièrement des stratégies complexes pour concilier survie, résistance et responsabilités familiales dans des circonstances impossibles, compte tenu de la pertinence des normes sociales sexistes », illustre l‘Institut Australien des Affaires Internationales (AIIA) (en anglais).
La gravité des conséquences sexistes ne fait que s’exacerber ; l’évolution du paysage de la guerre moderne normalise le ciblage des populations civiles de plus en plus, d’ailleurs nulle part autant que dans le cas du génocide palestinien.
Vivant en état de siège et sous la menace constante de la violence, piégées dans des abris surpeuplés, sans intimité ni services de base ou sécurité, les femmes et les filles sont confrontées à des niveaux extrêmes de peur, de traumatisme et d’épuisement.
Dans ces conditions, la détresse psychologique est très répandue. Les données d’ONU Femmes montrent que « 75 % des femmes se sentent régulièrement déprimées, 62 % n’arrivent pas à dormir et 65 % souffrent de cauchemars et d’anxiété. Mais avec un accès limité aux soins, la plupart d’entre elles doivent se débrouiller seules ».
De plus, avec un système de santé au bord de la rupture, les corps des femmes paient le prix, notamment en matière de grossesse et d’accouchement.
Les femmes palestiniennes doivent accoucher dans des conditions épouvantables qui représentent un risque considérable pour la santé et la sécurité des mères et de leurs bébés. Par exemple, de nombreuses femmes n’ont d’autre choix que de subir une césarienne d’urgence sans anesthésie, souvent sans intimité dans des centres d’hébergement surpeuplés.
Même les mères qui ont la chance d’accéder aux structures médicales de plus en plus rares perdent souvent leur nouveau-né juste après l’accouchement, faute d’électricité pour faire fonctionner les couveuses qui les maintiendraient normalement en vie. L’insuffisance flagrante des soins obstétricaux augmente considérablement le risque de décès maternel et de mauvais résultats à la naissance pour les nouveau-nés et les mères.
De plus, l’impact psychologique de la grossesse et de l’accouchement dans un contexte d’attaques militaires constantes entraîne des fausses couches, des mortinaissances et des naissances prématurées dues au stress. Selon Médecins sans frontières, quand les femmes accouchent d’un bébé en bonne santé, les pénuries alimentaires et le manque d’eau font en sorte que la plupart d’entre elles ne peuvent plus produire de lait maternel pour leur bébé.
À tout cela s’ajoute un nombre exorbitant de femmes désormais veuves ou orphelines. Elles doivent concilier leur deuil au fardeau de leurs nouvelles responsabilités pour subvenir seules aux besoins de leur famille.
Malgré toutes ces études, ces rapports et ces constats par de nombreux organismes internationaux, le Canada comme tant d’autres pays, ne prend aucune action concrète pour la défense des droits humains et des femmes dans ce conflit.
Un projet de loi sera déposé plus tard ce mois-ci à la Chambre des communes par la députée néo-démocrate dans la circonscription de Vancouver-Est Jenny Kwan. Elle vise à colmater une brèche qui permet aux États-Unis d’acheter des armes canadiennes pour les exporter à Israël.
Il aura fallu une femme et une mère de famille pour prendre une position claire et ferme au sein du gouvernement canadien. N’oublions pas qu’en tant que citoyen.nes du monde, nous pouvons aussi prendre des actions pour exiger le respect des droits humains des femmes, enfants et de toute la population civile en Palestine. Vous pouvez donc exiger de notre gouvernement un embargo complet sur les armes à destination d’Israël et exprimer que des paroles vides, on n’en veut plus.