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WebOuest −25 °C, un sauna et … une engelure!
Tout au haut de la falaise, Charles Roy, président du Club alpin du Canada, a installé une dizaine d’ancrages pour l’hiver. Deux mousquetons à verrouillage sont déjà sur place pour chaque ancrage. Il suffit d’installer une corde pour pouvoir escalader sur glace. crédit photo : Instagram @erks1979

−25 °C, un sauna et … une engelure!

Par Zoé Le Gallic | 7 février 2026

Je pensais écrire un récit de camping d’hiver. Finalement, c’est mon gros orteil qui a obtenu le droit de parole. 

Imaginez-vous, un lac gelé et brillant, le blanc de la neige, le vert de la forêt et le calme. Des falaises du lac Laclu, à une quinzaine de minutes de Kenora en Ontario, représente un petit rêve hivernal pour l’escalade de glace, et ce, même à -25 °C. 

Mon meilleur allié de la fin de semaine : 20 coussins chauffants glissés dans mes bottes et mes mitaines. Oui, vingt. Non, ce n’est pas excessif. J’ai le syndrome Raynaud qui s’est manifesté il y a un an et j’aime garder mes extrémités fonctionnelles.

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photo 1 : La deuxième falaise du lac Laclu en Ontario comporte des piliers et des routes plus difficiles que la falaise principale. crédit photo : Instagram @GenMurch photo 2 : Passionné d’escalade, Ryan Monroe est l’auteur du guide d’escalade de Kenora et du Manitoba. Il grimpe la deuxième falaise du lac Laclu. Instagram @erks1979

Après avoir escaladé toute la journée, je sens des picotements dans mon gros orteil. Je me dis « ça partira une fois réchauffé ». 

Justement, au menu du soir : un sauna au poêle à bois! Quoi demander de mieux? De la bonne chaleur après avoir grelotté. On balance des bûches et on en profite. Dans l’immédiat, je pensais bien faire. J’apprends plus tard que ce n’était pas le cas. En fait, j’ai cristallisé mon exposition au froid et à ma blessure.  

En bonus, deux sessions de baignade dans l’eau glacée du lac. Je respire, je compte les secondes, je me sens invincible.

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photo 1 : Erica Veenstra se baigne dans le lac gelé. Le trou est creusé de façon sécuritaire et il est impossible d’aller en dessous du lac. Crédit photo : Instagram @erks1979 photo 2 : J’ai dormi dans une cabane en bois avec de l’isolant. Le poêle à bois n’était pas encore installé, alors j’ai utilisé une chaufferette à propane avec un détecteur de propane et de CO₂. crédit photo : Instagram @GenMurch

Les engelures, cachottières et surprenantes  

Dans la nuit, une sensation de brûlure me réveille. Je me demande pourquoi. 

Le lendemain, mon diagnostic maison : un bleu. J’ai dû trop cogner mes crampons sur la glace. 

Blâmer un mur de glace me semblait plus rationnel que de blâmer l’hiver.

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photo 1 : Pour escalader la glace, bottes, crampons et piolets en main sont nécessaires! crédit photo : Instagram @GenMurch photo 2 : Chaque hiver, Paul Monney, propriétaire du terrain, et Charles Roy installent un tuyau d’eau au haut de la falaise pour favoriser la formation de piliers de glace. crédit photo : Instagram @erks1979

Signaux à retardement 

Pendant deux jours, je me sens peau neuve et l’engelure fait partie des choses du passé. 

Erreur. La troisième journée, des élancements apparaissent. 

Mon orteil a déposé une plainte officielle avec délai de traitement. 

N’est-ce pas bizarre? J’ai un sentiment de déjà vu avec l’herbe à puce où les symptômes apparaissent 48 à 72 heures après l’exposition. 

Un vernis à ongle naturel

Cinq jours plus tard, marcher me fait mal. La douleur augmente au lieu de diminuer. Eh oui, la nature gagne toujours contre un orteil trop confiant.

 Je me réveille plusieurs fois durant la nuit, car le seul contact avec les draps me fait mal. 

Je me rends dans une clinique sans rendez-vous. Le médecin m’explique « ton nerf est comme un câble de métal. Il est recouvert d’un drap. Il a eu froid et ça crée de l’inflammation. Il n’y a pas de place à l’expansion, alors ça crée de la douleur. »

« Ton meilleur remède est la distraction. »  

Deux semaines plus tard, mon ongle a décidé d’explorer toute la palette Pantone : bleu, violet, noir. Imaginez, le froid à lui seul a créé toutes ces couleurs. 

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Je pensais revenir avec un récit d’escalade. Je suis revenue avec une étude de cas : engelure au gros orteil. crédit photo : Instagram @b0realf0rest

La bonne nouvelle : après la phase d’inflammation qui a duré une semaine, la douleur a diminué. 

La prochaine fois qu’il y aura des grands froids, je serai, espérons-le, un peu plus vigilante lorsque le bout d’un de mes membres gèle

Pour rire et sourire davantage, c’est par ici : 

 

 

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