Au Comité FrancoQueer de l’Ouest (CFQO), nous travaillons à distance, avec une équipe et un conseil d’administration répartis dans plusieurs provinces et territoires, ce qui fait que notre quotidien se construit surtout à travers des réunions en ligne, des courriels, des documents partagés et une organisation très structurée, mais nécessairement médiée par les écrans. Cette façon de faire nous permet d’avancer, de livrer des projets, de maintenir une présence constante dans les communautés, mais elle laisse aussi peu de place à ce qui ne se planifie pas, à ce qui se dit entre deux phrases, à ce qui se comprend parfois simplement en regardant l’autre réagir.
Une fois par année, nous prenons donc le temps de nous retrouver en personne, en dehors des échéanciers habituels et des obligations quotidiennes, afin de créer un espace où les échanges peuvent se faire autrement, sans les filtres techniques qui accompagnent le travail à distance. Ce rendez-vous annuel n’a rien d’exceptionnel en soi, mais il joue un rôle essentiel dans la façon dont nous travaillons ensemble, parce qu’il permet de remettre de l’humain.e là où le fonctionnement quotidien devient souvent très fonctionnel.
C’est dans cet esprit que se tiendra, du 20 au 22 février 2026 à Victoria, la retraite annuelle du Comité FrancoQueer de l’Ouest, sous le thème Paroles de nos communautés. Ce thème s’est imposé à un moment où plusieurs projets arrivent à maturité, où d’autres se transforment, et où il devenait important de prendre un pas de recul pour écouter ce qui circule à l’intérieur de l’organisation, mais aussi ce qui nous revient des communautés avec lesquelles nous travaillons.
Le ton de la retraite est d’ailleurs perceptible dès le visuel, volontairement inspiré de la série Heated Rivalry. Ce choix n’est pas anodin, puisqu’il reflète notre volonté de reconnaître que le travail communautaire est traversé par des tensions, des débats et des désaccords, et que ces dynamiques, lorsqu’elles sont abordées avec respect, font partie intégrante de la construction collective. Le clin d’œil est volontairement un peu quétaine, parce qu’il correspond aussi à notre manière de ne pas nous prendre trop au sérieux, même lorsque les enjeux abordés le sont.
Horaire chargé
La retraite débute par une soirée pizza et karaoké animée par Marie Constant, un moment simple pour se rencontrer autrement que par écran et installer un climat propice aux échanges à venir. Le lendemain matin, la conférence d’ouverture de Marina Toptchiian, Courir pour exister, ouvre la réflexion autour de la performance, du corps et de l’inclusion, en résonance directe avec les parcours personnels et le travail communautaire.
La matinée se poursuit avec l’intervention de Guy Choquet sur les luttes queer du passé, qui replace nos réalités actuelles dans une continuité historique faite de mobilisations et de transmissions. En après-midi, Vincent Mousseau aborde les structures de pouvoir et leurs relations avec les communautés queer racisées, nourrissant des réflexions concrètes sur nos pratiques et nos responsabilités comme organisme.
La journée se termine par des mises à jour sur les projets du CFQO, afin de partager une lecture commune de l’état des dossiers et des priorités. La retraite se conclut le dimanche avec des conversations courageuses et une cérémonie de clôture animées par France Stohner, offrant un espace pour nommer ce qui émerge et ce que nous choisissons de porter pour la suite.
Au final, cette retraite ne se veut ni un événement public ni un exercice de communication, mais plutôt une pause annuelle assumée, qui nous permet de nous recentrer, de nous réaligner et de nous rappeler que derrière les projets, les budgets et les échéanciers, il y a des personnes, des relations et des voix qui méritent d’être entendues ensemble, hors écran.