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WebOuest Étudier l’impact d’une marée noire dans l’Arctique
Photo soumise par Jocelyne Plouffe

Étudier l’impact d’une marée noire dans l’Arctique

Par Zoé Le Gallic | 14 mars 2026

 

 

 

 

Des chercheurs et des microbiologistes du projet GenIce II retournent à l’observatoire marin de Churchill, dans le nord du Manitoba, dès le mois d’avril. Leur objectif : mieux comprendre ce qui se produirait si un déversement de pétrole survenait dans les eaux polaires

En raison de la fonte des glaces dans l’Arctique canadien, les activités pétrolières augmentent, selon le Centre for Earth Observation Science de l’Université du Manitoba. Mener une étude comme celle-ci a donc toute son importance puisque les risques de déversement de pétrole sont ainsi plus élevés. 

La technicienne et microbiologiste de l’Université du Manitoba Jocelyne Plouffe participe à cette étude. Pour elle, les recherches actuelles sont « essentielles pour tenter de protéger la vie marine et la chaîne alimentaire ». 

Pour comprendre comment les bactéries présentes dans l’océan Arctique réagissent lorsqu’elles sont exposées à du pétrole, l’équipe de recherche a dû simuler un déversement contrôlé. Cette simulation a eu lieu dans deux piscines d’eau partiellement glacées et alimentées par la baie d’Hudson. « Une équipe a installé une pompe pour acheminer l’eau de la baie d’Hudson pour ainsi reproduire certaines conditions naturelles de l’Arctique et permettre de mieux observer la réaction des microbes », précise Jocelyne Plouffe.

Les chercheurs s’intéressent aux données autant à la surface de la glace qu’à un niveau plus profond. 

Résultats surprenants 

Les résultats ont surpris les chercheurs.

« Après avoir déversé de l’huile, on a remarqué un changement dans la réaction des bactéries entre la quatrième et la septième semaine », souligne Fernando Sánchez Quete, chercheur de l’Université McGill.

Jocelyne Plouffe et le chercheur de McGill s’entendent pour dire que quatre semaines, c’est trop long! 

« Les bactéries ont opéré un système de réponse, mentionne Fernando Sánchez Quete. Elles travaillent plus pour compenser et essayer de nettoyer l’huile. »

Ce délai montre surtout à quel point une intervention rapide serait essentielle en cas de déversement.

 

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Photo soumise par Fernando Sánchez Quete

Inquiétudes face au manque de logistique dans l’Arctique 

Pour Jocelyne Plouffe, les résultats sont d’autant plus inquiétants, car « il n’existe pas d’organisations certifiées pour répondre à des déversements de pétrole dans l’Arctique », dit-elle en se référant à un document de recherche élaboré par son équipe de chercheurs.  

Le gouvernement canadien impose une loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques, « mais si un incident survient, les infrastructures ne sont pas en place pour répondre correctement aux temps de réponses exigés », précise-t-elle.  

En d’autres mots, les moyens logistiques pour répondre à un incident sérieux dans cette région demeurent limités.

Jocelyne Plouffe espère que ces résultats de recherche pourront servir à sensibiliser le public sur les risques de déversement. « Plus les temps de réponse pour intervenir aux déversements seront longs, plus les répercussions seront grandes sur la vie marine et sur la chaîne alimentaire. », dit-elle. 

Recherches approfondies  

Dans le cadre de la deuxième année de recherche, une douzaine de chercheurs retournera en avril à l’observatoire marin de Churchill.

« La glace et l’eau des piscines seront différentes », dit Fernando Sánchez Quete. 

Jocelyne Plouffe ajoute : « La différence, c’est  qu’il y aura plus d’heures d’ensoleillement et donc plus d’algues bleu-vert. ».

Les chercheurs tenteront donc de répondre à la question : « de quelle façon les algues dans l’océan jouent un rôle [dans le temps de réaction des bactéries]? »  

Tous espèrent que ces nouvelles données permettront de mieux comprendre comment l’écosystème arctique réagit à une contamination pétrolière. Dans un environnement où la glace disparaît rapidement et où la navigation devient plus fréquente, cette question pourrait devenir de moins en moins théorique.

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