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ÉPUISEMENT DES NOUVEAUX ARRIVANTS VIS À VIS DU VIRTUEL
Par Jeanne Lehman | 23 mars 2022
Les immigrants arrivés avant le déclenchement de la COVID-19 au Canada ont eu un retard d’intégration, d’où leur espoir que les activités se passent en présentiel afin de rencontrer du monde et s’épanouir dans leur nouveau pays de résidence.

La COVID-19 n’est pas totalement derrière nous, mais la levée des restrictions sanitaires en Alberta et dans d’autres provinces redonne de l’espoir aux nouveaux immigrants. Dans des échanges sur la question avec des gens de la communauté, je me suis rendue compte de cette réalité.

Eve Kobenan, une jeune femme venue de Côte d’Ivoire en octobre 2019 se réjouit de pouvoir prendre part désormais à des activités en présentiel pour faire de nouvelles rencontres. Six mois après son arrivée au Canada, elle a vécu le confinement avec ses deux enfants. Durant cette période critique de la pandémie, son seul moyen de sortir des quatre murs de son appartement était d’aller faire son épicerie, m’a-t-elle raconté. Ses cours d’anglais, elle les a suivis en ligne, sans la possibilité de socialiser physiquement afin de pratiquer la langue. Comme Eve, la vague d’immigrants de la fin 2019 et du début 2020, a vécu une intégration chaotique : Pas de travail, pas de vie sociale. La fin des restrictions sanitaires ouvre donc pour eux une nouvelle perspective afin de construire leur vie au Canada.

Une intégration virtuelle

Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas conscience de la menace de cette maladie sur la santé de tous: des cas de la COVID-19, ils en ont vu parmi eux. C’est tout simplement qu’il est peut-être temps pour eux de rattraper le retard qu’ils ont par rapport à leur intégration. Ce qui devient ennuyeux pour la majorité, aussi bien pour les nouveaux arrivants que pour d’autres Canadiens, c’est de devoir prendre part à des ateliers, des réunions ou encore des cours en ligne, une à deux heures de temps, voire plus, via Zoom, Meet, Teams, BigBlueButton, WebEx, etc.

À l’évidence, plusieurs nouveaux arrivants n’étaient pas familiers avec ces outils informatiques, encore moins avec l’apprentissage en ligne ou le télétravail. D’après certains témoignages, c’est un environnement stressant et peu motivant. Ils aspirent maintenant à vivre l’aspect pratique de leur vie canadienne, comme me l’a raconté avec plein d’enthousiasme Stéphane, un travailleur qualifié, arrivé du Cameroun.

La technologie, oui mais…

Zoom, Meet, Teams et bien d’autres encore. Si ces applications existaient bien avant, c’est durant la pandémie qu’elles auront connu leur apogée. Ces applications ont été mises à profit pour permettre aux organisations, entreprises, écoles et universités de continuer à travailler et de se former à distance durant la quarantaine. Ces dernières années, les médias ont révélé que la compagnie Zoom avait réalisé un chiffre d’affaires en forte croissance et que les abonnements s’étaient accrus. 100 000 écoles dans le monde pour les cours en ligne et 265 400 entreprises clientes, selon les chiffres d’il y a deux ans. À propos de télétravail, plusieurs compagnies ont réalisé avoir généré des gains sur les dépenses générales et envisagent sérieusement la perspective de poursuivre avec cette option. D’un autre côté aussi, il y a des employés qui ont pris goût au télétravail, à cause de la simplicité de passer de son lit à son ordinateur… Il faut bien sûr saluer le fait que la technologie ait pu pallier la problématique de la continuité des services en temps de quarantaine, car autrement la situation aurait été plus chaotique pour tout le monde. Malgré cela, ce n’est certainement pas dans les rangs des nouveaux arrivants qu’on trouve un grand nombre de partisans à cette nouvelle donne qu’est le travail ou de l’école à distance.

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Dessin de Freepik

…un peu de chaleur humaine

Cependant, l’autre revers de la crise sanitaire fut en occurrence l’éloignement et l’isolement pour plusieurs avec trop souvent pour conséquence la dépression. Déjà coupés de leur pays d’origine, les nouveaux résidents ont vécu des expériences beaucoup plus complexes que ceux ayant déjà des liens établis…Bref, il est peut-être temps de se retrouver à nouveau, se voir en vrai, de sentir l’animation, la chaleur humaine. Beaucoup pensent qu’on devrait apprendre à vivre avec ce virus. Certains organismes ont compris ce besoin de vivre en vrai. Pour donner le ton, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, BCW in action a organisé le 8 mars, un symposium qui a rassemblé plus de 400 personnes en présentiel! L’organisation a dû stopper les inscriptions à cet événement tellement il y avait un grand engouement de la part de la communauté.

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