C’est toi, c’est vous, c’est nous !
WebOuest Comment devenir un meilleur féministe
Femmes et hommes poings levés dans un environnement de bureau. Photo: Fauxels de Pexel
Les Rocheuses

Comment devenir un meilleur féministe

Par Nathalie Lopez | 4 mai 2022
Tout d'abord, il faudrait peut-être commencer par rappeler que le féminisme étant défini comme une lutte pour une société équitable, il devrait aller de soi que tou.t.e.s, hommes et femmes confondus, aient intérêt à adopter des valeurs féministes dans leur quotidien.
Dans cette optique, voici 10 suggestions pour nos lecteurs masculins afin de devenir un meilleur féministe.

1) Accepter le fait que, que vous le vouliez ou non, en tant qu’homme (encore plus si vous êtes un homme blanc, cysgenre), vous bénéficiez automatiquement de privilèges d’une société qui est à la base sexiste et que vous tirez automatiquement profit des avantages associés à cette forme de discrimination.

2) Apprendre à être à l’écoute. D’emblée, ceci peut paraître facile mais être à l’écoute n’est pas si évident, surtout dans notre société patriarcale qui survalorise le point de vue des hommes dans n’importe quelle sphère. Ce message est si ancré dans le comportement des hommes qu’il existe même un terme connu comme mecspliquer ou “pénispliquer”* pour décrire le phénomène de se faire expliquer souvent, avec beaucoup de condescendance, à propos d’un quelconque sujet par un homme qui se croit expert sur la question. Dans cette logique, les hommes se sentent donc dans le besoin de devoir exprimer leurs points de vue et sont moins habitués à être à l’écoute.

3) Soyez ouvert à l’apprentissage et surtout, soyez prêt à désapprendre certains comportements bien ancrés en vous. Petite mise en garde, ce désapprentissage requiert un vrai travail sur soi-même et ce genre de travail demande un degré de vulnérabilité. 

4) Comprendre que tout effort et participation dans la lutte féministe doit provenir d’une place d’allié et d’auxiliaire, et donc il ne faut jamais chercher à se mettre à l’avant-plan. 

5) Toujours être prêt à dénoncer des propos sexistes et à confronter les hommes dans votre entourage qui les partagent. Ceci devrait paraître évident mais ce n’est pas si facile de se retrouver à être le seul dans un groupe de “boys” et de prendre position dans un conflit. Mais c’est tout comme les propos racistes, homophobes, transphobes ou d’intolérance, il n’a jamais été aussi important de prendre position et de se mouiller s’il le faut.

6) Dans la sphère domestique, il ne suffit plus de se partager les tâches ménagères ou de parentalité, mais il faut s’assurer de partager la charge mentale, fardeau qui est souvent porté uniquement par les femmes. La charge mentale étant définie par le Larousse comme: « Poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur les femmes) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique et, surtout, psychique. »

 

WebOuest
Hommes et enfant dans la cuisine préparant un repas. Photo: August de Richelieu de Pexels

 

7) Partagez réellement les tâches ménagères et de parentalité sans attendre à être félicité. Un homme n’est pas un super-héros à qui on doit donner des accolades parce qu’il décide ‘d’aider’ avec les devoirs des enfants ou avec les repas, par exemple. 

8) Comprendre qu’il est essentiel de lutter pour l’équité des genres et se familiariser sur des sujets importants dans cette lutte, comme la parité salariale, le plafond de verre, le droit à l’avortement, la culture du viol, le slut-shaming (connu aussi comme intimidation (ou humiliation) des salopes), etc.

9) Conscientiser les hommes dans son entourage aux sujets nommés dans le point précédent, afin de recruter davantage d’alliés dans la lutte féministe, sacahant que cette lutte ira parfois à l’encontre de ses propres intérêts.

10) Comprendre qu’il ne suffit pas de se dire féministe pour l’être et qu’au contraire il pourrait y avoir une certaine méfiance de la part des femmes dans ce genre de féminisme déclaratif.

Il faut bien-sûr noter que bien des hommes se sentent déjà interpellés à s’investir dans ce projet de société plus juste et équitable. Heureusement, car il va s’en dire que ce chemin vers un vrai changement ne se fera pas sans l’appui des hommes! Pour finir, voici quelques suggestions d’ouvrages ludiques et faciles d’accès pour approfondir votre apprentissage:

Merci pour votre lecture.

La francophonie du Nord et de l’Ouest habite sur des territoires visés par de multiples traités avec les peuples autochtones ainsi que des territoires non cédés. Ces peuples ont accueilli les premiers francophones et les ont aidés à survivre et prospérer. C'est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l'avenir que nous reconnaissons la relation continue entre les peuples autochtones et les autres membres de la communauté francophone. Au-delà de cette reconnaissance, WebOuest s’engage à mettre en lumière des histoires des peuples autochtones qui habitent toujours ces terres.
Inscrivez-vous à l'infolettre de WebOuest et soyez les premiers informés!