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Veux-tu vraiment lire un blogue sur le féminisme en 2022?

Par Nathalie Lopez | 11 février 2022
Veux-tu vraiment lire un blogue sur le féminisme en 2022? Très honnêtement c’est la question que je me suis posée quand on m’a approché pour contribuer à cette belle aventure en tant qu'ambassadrice/blogueuse pour WebOuest.

Mon questionnement a été le suivant : avec tous les sujets qui polarisent notre société actuellement, est-ce que le mouvement féministe figure parmi ces sujets qui, pour certains, n’ont plus de place en 2022 et qui, pour d’autres, pourraient susciter des sentiments mitigés?

Personnellement, en tant que féministe pure et dure, la question de la place de ce débat dans la société ne se pose même pas.  Je me suis permise de la poser quand-même, afin d’aller chercher un point de vue autre que le mien et celui de mon entourage, en ce qui a trait à la pertinence de ce mouvement de nos jours.

Je suis donc partie à la recherche de femmes qui ne s’identifient par avec le terme féministe en lançant un appel sur les réseaux sociaux afin d’ouvrir une discussion sans jugement sur le sujet. À ma grande surprise, plusieurs jeunes femmes (entre 25-35 ans) ont répondu à l’appel et donc je me suis entretenue avec elles. Ces femmes intéressantes, au franc-parler et de différents horizons, avaient toutes quelque chose en commun: le désir de s’exprimer librement sur le sujet et un réel plaisir (voire même une stupéfaction) qu’on puisse leur offrir cette opportunité.

L’autre point en commun qu’avaient ces femmes, c’est le fait que, si on prend la définition du mot féminisme comme étant: « une doctrine qui préconise l’égalité entre l’homme et la femme, et l’extension du rôle de la femme dans la société », ces femmes sont toutes des féministes! 

Elles sont toutes d’accord avec l’égalité salariale, la dénonciation des violences faites aux femmes et la double discrimination dirigée vers des femmes de couleur. Là où la rupture se fait pour ces femmes qui pour la plupart sont issues de l’immigration en provenance de la France, est dans la lecture du mouvement féminisme actuel comme étant « extrémiste et prônant quasiment une haine des hommes afin de créer un renversement de la balance » m’a dit l’une d’elles.

J’étais très surprise d’entendre que pour plusieurs de ces femmes, la bataille pour l’égalité des genres dans les pays occidentaux et industrialisés est déjà gagnée et que dans leur opinion s’identifier comme étant féministe c’est devenu vide, pratiquement « une mode, un luxe » et une prise de position qui a perdue son essence. « Un fourre-tout où l’on mélange véganisme, Me-too, parler des menstruations ad nauseam et rabaisser les hommes pour tout ».

De plus, ce qui est ressorti à plusieurs reprises dans nos conversations, c’est ce réel malaise de ne pas pouvoir partager leur point de vue, car d’après les expériences, les femmes qui se disent féministes et qui prônent la tolérance, en réalité, elles ne la pratiquent pas du tout quand elles sont confrontées à un point de vue divergent à ceux qu’elles plébiscitent. 

Cette expérience cependant, n’était pas partagée par une jeune femme d’origine tunisienne qui pour sa part se sentait à l’aise de partager des opinions parfois divergentes sur le sujet avec des femmes de son entourage.

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Jeune femme devant une affiche qui lit Féminismes en plusieurs langues. Crédit photo: Sinitta Leunen de Pexels

Cet échange a été pour moi un des plus enrichissants, me permettant de faire deux constats:

Dans l’ère des réseaux sociaux où tout débat devient de plus en plus polarisé, je pense que comme société, il est plus important que jamais de s’ouvrir à la diversité d’opinions (qui doit demeurer bien sûr dans le respect et la tolérance). À défaut de quoi, comme on peut le constater dans l’actualité, chaque camp se retranchera plus profondément dans ses convictions, faisant en sorte qu’un vrai débat devienne de plus en plus impraticable.

Pour finir sur une note plus rassembleuse, il me semble qu’on peut tou.t.es être d’accord que si le féminisme consiste bel et bien à atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie pour une société plus juste, plus heureuse et plus prospère, dans la réalité, comme l’a si bien dit Chimamanda Ngozi Adichie « Nous sommes tous des féministes! 

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